Vue de face de l'église.

l'Eglise Wallonne de Zwolle

L’Eglise

C’est dans la chapelle Ste Gertrude, fondée il y a cinq siècles, que les Wallons célèbrent leur culte depuis plus de trois siècles.
Toutes les deux semaines a lieu un culte dominical à 10H30.
A l’origine les Wallons pouvaient louer cette église pour y célébrer leur culte dans leur propre langue- le français.
Ces Wallons (Huguenots) devaient s’enfuir de leur pays après la Révocation de l’Edit de Nantes en 1685 par le roi de France, Louis XIV.
L’Edit de Nantes octroyait aux protestants français la liberté de célébrer leur culte dans certaines régions et dans certaines villes. Après la Révocation les adeptes de la nouvelle religion étaient poursuivis, torturés et mis à mort.

L’édifice appartient depuis plus de deux siècles à la communauté wallonne. Il y a quinze ans a eu lieu la dernière restauration d’importance. Si bien que la communauté dispose d’une magnifique église avec un orgue de toute beauté.

La langue

Les cultes sont assurés aujourd’hui encore en langue française. Mais aprés le culte les conversations se font aussi bien en néerlandais qu’en français. La plupart des paroissiens passent un moment ensemble autour d’un « café fraternel » pour y échanger les dernières nouvelles et s’enquérir de la santé des uns et des autres.
Le français était la langue de leurs ancêtres, mais c’était aussi la langue qui permettait aux réformés de transmettre leur profession de foi- celle-ci porte encore le nom de ‘confessio belgica’ écrite en français par Guido de Brès.
Le français était également la langue de la cour de Guillaume d’Orange et de sa descendance.
C’est ainsi que naquit une église française qui avec l’église des réfugiés devint l’Eglise Wallonne. Les Eglises Wallonnes des Pays-Bas constituent un consistoire régional de l’Eglise Réformée Néerlandaise.
Néanmoins les descendants des réfugiés, les Huguenots, ne sont pas les seuls à être membres de l’Eglise Wallonne.

Les membres

Au cours des siècles elle a attiré toutes sortes de personnes.
Pour diverses raisons on vient participer aux cultes et on devient membre.
Pour les uns c’est la langue française qui les attire, les autres c’est l’ambiance cordiale, d’autres encore sont séduits par la musique d’orgue et les chants qui donnent aux cultes un caractère vivant.
A côté du cercle des membres se constitue un cercle plus élargi d’amis, des personnes qui restent membres de leur propre église mais fréquentent les cultes de l’Eglise Wallonne.
Il est évident que l’Eglise Wallonne se réjouit du fait que l’on veut devenir membre de son Eglise, mais personne ne les y oblige, méme si l’on fréquente depuis des années la paroisse.
C’est précisément parce que les cultes n’ont lieu qu’une fois tous les quinze jours que l’on peut prendre part à la fois à la vie de l’Eglise Wallonne et à celle de sa propre paroisse.

Centre liturgique.

Oecuménisme

Si œcuménismc signifie célébrer un culte en commun avec des chrétiens de tous bords, alors de ce fait l’Eglise Wallonne mérite bien ce nom. Que l’on se situe ecclésiastiquement parlant à droite ou à gauche, que l’on suive de loin ou de près la liturgie, toutes ces tendances se retrouvent dans l’Eglise Wallonne. De plus elle est constituée par une assemblée internationale puisqu’ au cours du culte aussi bien qu’après le culte on chante, on écoute et on s’exprime en français. II n’est pas étonnant que des réfugiés africains participent régulièrement aux services religieux.


La Sortie

Parallèlement aux services religieux bimensuels la paroisse de Zwolle organise une fois par an une ‘sortie’- un jour de sortie.
En effet se retrouver ensemble ‘quelque part’ pour célébrer un culte, discuter en partageant un repas, tout cela renforce les liens. Le terme de ‘famille’ wallonne n’est pas un mot vain. Dans une époque marquée par tant de solitude, une communauté où l’on essaie d’accorder de l’attention aux autres et de respecter les opinions de chacun constitue un véritable centre d’accueil. Cette attention ne s’adresse pas uniquement aux seuls membres de l’église mais aussi aux amis.

L'orgue.

Les autres Communautés Wallonnes

Aux alentours de 1700, il y avait aux Pays-Bas 60 Communautés Wallonnes, aujourd’hui il n’y en a plus que 12.
Les réfugiés français ont appris le néerlandais, ont épousé des néerlandais et malgré la coutume de professer sa foi en langue française, le besoin de s’exprimer en français s’est fait de moins en moins sentir pour la bonne raison qu’on devenait de plus en plus néerlandais. Une autre raison qui explique la déperdition des Communautés Wallonnes est que l’on s’intéresse moins à la langue française bien que nous sentions quelque fois une petite résurgence. De plus le développement de l’unité européenne joue dans ce domaine un grand rôle.
Des Français viennent travailler ici et cherchent tout naturellement des endroits où l’on parle français. Des échanges avec des paroisses francophones stimulent l ‘intérêt pour la langue française.
La Communauté Wallonne a sa place dans une Europe en cours d’unification pour construire des passerelles au-delâ des frontières.
Il est d’autre part enrichissant d’observer comment les protestants français professent et vivent leur foi. L’Eglise Wallonne joue un rôle important dans l’approche et la connaissance du Protestantisme français.
Elle est de plus en plus un lieu de rencontre, de personnes, de cultures, d’églises différents.
Ensemble nous nous exerçons à former une communauté, pour découvrir au delâ de nos différences quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour du Christ qui nous unit tous!

Pr. Quirinus HUYSER