Hors-d’oeuvre

Ton

 

 

Kyrie


Aye, aye pitié de ceux qui essaient
de poétiser le quotidien
dans un piège lexical.
Oupla! Ça fait mal!

Aye, aye plus de pitié de ceux qui essaient
de poétiser la poésie
en changeant de lexique:
les mauètes alcooliques.

Aye, aye le plus de pitié
des pitiétiques
des piététiques
des ekpathtiques
despotiques

et des poétiques
avant qu'on ne les noie.

Gloria


Je te raconte par paroles closes
la fin du voyage inachevé
et par peintures colorées
le lent début des roses

Les âmes envolées
qui s'aiment en violon
sont des nuages en vélo
qui s'aiment et puis s'en vont.

Credo


Il s'assied dans son poème
il ouvre les mots sommeillants
et musique la poussière
le roi qui a peur d'être
rien à dire

Il allume un bout d'amour
il prie en paroles simples
et s'enferme dans ses images
le prisonnier qui a peur de rester
dehors

Il écrit des essais de fuite
il rêve haut d'entrer chez lui
et écoute le silence
le petit poète qui croit
ête aimé sans le savoir

Benedictus


Noir, affreux que je suis,
j'ai bien perdu la peur
des gens, de la feérie.
Je me sens vide au coeur.

Blanc, comme la statue
que je m'étais créée.
J'y mis l'âme volée,
elle n'a pas vécu.

J'écris. Même capable
je suis d'être aimé!
Ô, aye pitié
de moi, riche diable!

Agnus dei


Déhors, c'est la guerre
où, la nuit, les lanternes
de cette rue pleine de trous
forment un orchestre de yeux

Par ces yeux qui me regardent
d'une obscurité froide, je semble voir
ceux qui se battent contre le jour
ils ont un terrible visage humain.

Avec toi, pourtant, je n'ai pas peur
les images ennemies tournent enpapillons
je parle à la nuit comme un frère
devant la porte, avant d'aller dormir.