Hors-d’oeuvre

Wil

 

 

 Marées

Invités par la lumière
des sons blancs se répandent
autour d'un berceau
tandis que la plage chante
innocemment.

Les yeux d'antan qui s'aiment
racontent des souvenirs
que le temps a rendus beaux
mais l'image s'effondre
dans les vagues grimaçantes.

J'entends des cris, des
hurlements et je vois
un dernier sourire cru
et puis
le sable.

 La chasse éternelle

Au lever de la nuit, deux amoureux s'embrassent au seuil
de la porte.

Quelqu'un ouvre la fenêtre au troisième. Un beau rêve
cauchemardesque le fait planer pendant un instant.
Déjà, les cloches sonnent. Il est suivi par
une foule noire. On chante, certaines pleurent,
on se presse, mais il est trop tard. Lorsque toutes
les soeurs ont disparu, il sort du cercueil et
se frottant les yeux, il part à la
recherche. Mais il est reconnu
à son linceul et doit errer à perpétuité.

Ecrasés, les deux se croient morts d'amour.

 Fatralphabétique

L'abbé décédé
effeuille un gésier
haché au frigi-
daire, car, ailé,
il aime l'ainé
des opéras cuits
enculé par l'hernie. Puis
l'essaim d'étés encuvés
aux W.C. hennit:
"Fixe un nazi grec, car chez
la muse est Dieu." Ça suffit.